Dans un supermarché chinois, à la poissonnerie, à l'intérieur d'un bassin marqué 4 € la livre, j'ai vu un crabe, étroitement entravé, tentant de son mieux de grimper par dessus la paroi du bassin et de plonger dans le bassin d'à côté marqué 6 € la livre. Des larmes me sont montées aux yeux— petit crabe, quelle force de caractère! Comme tu es déterminé à monter!
Un parent m'a envoyé cette plaisanterie par mail il y a quelques jours. Dès que je l'ai lu, je n'ai pas pu m'empêcher d’éclater de rire. Mais en même temps, je me suis sentie vaguement démoralisée.
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Dans le programme de l'année dernière j'avais deux rôles de caractère. Un était Xiao He – Conseiller principal du Premier Empereur de la dynastie des Han et précepteur du Général Han Xin qui n’a jamais été vaincu, aux environs de 200 ans avant Jésus-Christ ; un autre était Liu Yanchang – un érudit dont une déesse tomba amoureuse et avec lequel elle se maria sur terre. Ces deux rôles impliquaient deux rôles en duo, on peut donc dire que j'étais officieusement un premier danseur qui n’apparaissait pas dans le programme, bien que ceci ne me préoccupait pas. Cette année, mon rôle principal est celui d’un vieil abbé qui apparaît pendant environ 30 secondes pour chasser du monastère, le moine ivre, Lu Zhishen.
Vers le mois de septembre l'année dernière, les trois compagnies de Shen Yun ont été regroupées et j'ai été transféré de la Shen Yun Performing Arts Touring Company à la compagnie de New York.
Pour beaucoup d’entre nous, c'était une expérience très sentimentale. La nuit de la grande réorganisation, il y a eu des acclamations, des étreintes et des larmes, mais je n'y ai pas trop prêté attention et j’ai simplement décidé de laisser les choses suivre leur cours. Parfois, les camarades de mon ancienne compagnie me manquent ; avec eux j'ai vécu, voyagé, répété, présenté les spectacles, pratiqué, transpiré, pleuré et rit au cours des deux dernières années, mais je sais bien que lorsque la tournée se terminera, nous continuerons à nous voir chaque jour sur le campus, nous jouerons encore aux cartes ensemble le lundi soir et nous nous chamaillerons toujours pour le seul micro-onde qui fonctionne dans la cuisine.
Il y a quelques jours, je suis restée assise durant dix heures dans le car qui va de Détroit à Saint-Louis, espérant trouver un temps plus clément alors que nous descendions dans le sud. C'était une idée fantasque pour ce mois de janvier, et notre car a passé presque toute la journée à rouler au ralenti à travers une tempête de neige aveuglante. Alors que la nuit tombait, l'Arche de St Louis nous a souri à travers un rideau de neige gelée et des rues ensevelies sous la neige.
«Cela ne fait rien», ai-je pensé, « Tant que je reste à l'intérieur, je serai au chaud. »
Le matin suivant, je me suis retrouvée en bottes et manteau, grelottante, à attendre près du bus à l’extérieur du théâtre. J'avais oublié quelque chose sur mon siège dans le bus, mais je ne pouvais le récupérer que lorsque tout le monde en était descendu.
Je m’agenouille parmi des centaines de guerriers en terre cuite de la dynastie Qin, je me lance, bouclier à la main, concentré et vigilant. Dès que le rideau se ferme, je cours me changer dans les loges rapides et j’enlève mon armure à la hâte. J’enfile mon « gros costume » et des vêtements beaucoup trop grands. Après un rapide coup d’œil dans le miroir, je me dirige vers le côté de la scène et j’attends.
La flûte chinoise joue un prélude familier pendant que le rideau se lève. Quand c’est fait, j’essaie de paraître aussi idiot que possible et entre en scène en trébuchant comme Pigsy, un personnage maladroit du roman classique chinois Le voyage vers l’Ouest.